Interactions multisensorielles aléatoires au contact

Publié le par A_A



Les interactions multisensorielles aléatoires au contact (IMAC), les rencontres non programmées avec des réalités effectués par la médiation de l’ensemble de l’appareil sensoriel.
Les IMAC ne sont pas le seul type d’interaction possible dans la ville mais elles en sont le plus spécifique, le seul qui ne soit possible, en quantité et en qualité significatives, que dans un espace urbain. Leur force est qu’elle échappe au caractère «thématisé» des rencontres, professionnelles ou amicales, pré-organisées ou des lieux spécialisés (bibliothèques).
Tout en fabriquant des liens faibles et, le plus souvent, éphémères, elles se trouvent au cœur de la confrontation de l’acteur avec les altérités. Elles offrent des conditions plus favorables que dans d’autres configurations (notamment celles du Web, très ouvertes mais peu interactives) pour bénéficier de la serendipity (trouver ce qu’on ne cherche pas) et des déplacements d’une réalité d’un registre, d’un ordre, d’un univers à un autre, ce qui constitue la force productive principale des activités créatives.
Là se trouve l’un des avantages comparatifs majeurs des zones urbaines denses et diverses, qui explique pourquoi les activités à forte composante d’innovation, et en particulier lorsque ces innovations se nourrissent d’une multitude de ressources mal définies au départ, s’y localisent de manière massive.

 

Jacques Lévy : « Quelle mobilité pour quelle urbanité »

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