Urbanisme informel, infrastructures fragmentaires

Publié le par A_A

L’économie informelle est en train de devenir une des marques du nouveau millénaire dans tous les continents. Alors qu’on dispose de moyens technologiques hautement sophistiqués pour manipuler l’information et l’image, on n’arrive toujours pas à garantir l’apport d'eau, les infrastructures, la nourriture ou le travail à une grande partie de la population mondiale. Cette situation résulte de l’application de modèles économiques de « développement » qui n’ont pas comme but l’amélioration du bien être social (comme par exemple garantir l’accès au logement pour les groupes socialement fragiles, avec qui on ne peut pas obtenir de grands bénéfices).

Le processus de « l’urbanisation informelle » dans ce contexte, a fini par constituer l’élément dominant des productions de villes dans les pays Latino Américains. La magnitude de cette forme « d‘urbanisme » est devenue la norme et non plus l’exception. Pour pouvoir re-diriger ce processus, sont nécessaires, aussi bien des formes d’approche projectuelles, que des nouveaux concepts et méthodologies, tout comme de nouvelles formes de gestion et d’articulation public-privé-communauté.
Ce phénomène est caractérisé par une occupation indiscriminée des sols, d’inadéquates conditions d’accessibilité, de l'inexistence de titres de propriété, du manque d’équipements et services et de divers degrés de précarité des logements.
Il existe néanmoins un haut niveau de participation de la population. En même temps, l’informalité ne se réfère pas uniquement à l’autoconstruction ; elle inclut presque tout le temps la viabilité de divers espaces pour des usages communautaires et ce que l'on peut appeler des infrastructures fragmentaires.

Jorge Mario Jáuregui, architecte et urbaniste, chercheur associé au laboratoire de morphologie SIC y FADU/UBA de l’Université de Buenos Aires, Argentine.  (traduction Héctor Becerril)

 


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